CQFD sur le Web

TOUT VA BIEN !
Pénibles, hein, les journaux indépendants qui chouinent de longue sur le manque d’oseille, geignent sur le faible taux de réabonnement, sanglotent sur le prix du papier et de l’encre, pleurnichent que la vie est trop dure et le capitalisme vraiment trop méchant… Ici, chers lecteurs, nous tentons de vous éviter ce genre de litanie exaspérante. Nous nous payons même le luxe de fanfaronner, comme sur la une du numéro anniversaire de nos cinq ans, où nous trônions, trognons, fiers de n’être « pas fatigués  ».
Nous campons sur nos positions, et il est hors de question de vous importuner avec des considérations bassement matérielles. Vous n’avez donc aucune raison de vous inquiéter pour ce beau mensuel, et nous vous enjoignons de partir sereins faire la sieste à l’ombre, l’amour dans le hamac, la cuisine au bord de la rivière… Bref, de profiter de tout ce qui est bon sans en perdre une miette. Nous allons faire de même avec d’autant plus de facilité que, comme chaque année, il n’y aura pas de numéro de CQFD en août, et nous vous donnons rendez-vous au 15 septembre. Là, par contre, il faudra sûrement envoyer du lourd afin que notre « esprit vacances » continue à faire des ravages dans les cœurs, tous les mois de l’année, en kiosques. On se revoit à la rentrée ? Allez, on vous claque la bise.

L’équipe de CQFD



du numéro en vente
 
HOMMAGE À ALBERT COSSERY

Né en 1913 dans une famille bourgeoise baignée de culture francophone, Albert Cossery a commencé par tanner sa lucidité sous le soleil du Caire, sa ville natale. Dès dix ans, il a un faible pour Dostoïevski et se met à écrire, en français. On le retrouve plus tard, en 1938, aux côtés de Georges Henein, un autre « esprit frappeur » égyptien, participant au collectif surréaliste « Art et liberté ». Un défi est alors lancé à la face du monde : « Travailleuses de tous les pays, soyez belles ! »
Puis, lors d’un voyage aux States, Cossery rencontre Henry Miller. Le pourfendeur du puritanisme dans la littérature américaine l’encourage à publier son premier recueil de nouvelles Les Hommes oubliés de Dieu, paru en 1940 au Caire en trois langues : français, arabe et anglais. Miller dira de Cossery : « Parmi les  (...)

 
 
CHRONIQUE DE GUERRE

FELLATION EN DIRECT DE VILLACOUBLAY

Vendredi 4 juillet, 16 heures. Alors qu’à l’Assemblée nationale les députés sont en train de restaurer la semaine de 48 heures, les télévisions s’agglutinent sur l’aéroport militaire de Villacoublay. « La porte de l’avion s’est ouverte et le président et Carla Bruni attendent Ingrid Betancourt sur le tarmac, dans quelques instants nous allons voir apparaître Ingrid Betancourt… Moment historique ! », feule la voix de France 3. On zappe sur BFM TV. « Là, vous voyez, Carla Bruni qui fait un petit pas en arrière pour laisser Nicolas Sarkozy en avant, elle est vraiment à ses côtés… Il y a beaucoup de… un silence assez assourdissant. » La journaliste lâche un petit rire idiot. « Nicolas Sarkozy qu’on découvre assez heureux, hein… Et puis là-voilà, ça y est ! On imagine tout de même un moment  (...)

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OAXACA : SOUS L’OMBRE FRAÎCHE DE L’ASSEMBLÉE
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Il y a deux ans, dans le Sud du Mexique, la ville d’Oaxaca était secouée par une insurrection civile sans précédent. Parti d’une grève d’instituteurs, ce mouvement de masse déboucha sur une expérience d’émancipation sociale passionnante : ignorer les pouvoirs établis, s’emparer des radios et télévisions locales et construire une autre réalité autour des barricades et des assemblées. Deux ans après, que reste-t-il de cette Commune, violemment réprimée en novembre 2006 ? Pour CQFD, Rubén Valencia et David Venegas, conseillers de l’APPO [1] et membres de VOCAL  [2], reviennent sur cette rébellion et son actualité.

Quels sont les moments forts du mouvement social d’Oaxaca commencé en juin 2006 ?
Rubén : Il existe ici une tradition historique qui veut que,quand les gens ne trouvent pas de solution à leurs problèmes chez eux,ils se rendent sur la place centrale de la capitale de l’État afin de les rendre visibles aux yeux du monde. Cela n’a pas commencé avec Ulises Ruiz [3]. Ce qui a débuté le 14 juin 2006, c’est la partie non écrite de cette histoire. Trois jours après, profitant de l’effervescence populaire,différents partis et syndicats forment un cartel d’organisations. Non pas une assemblée, mais une espèce de front unique contre le néolibéralisme, dont les dirigeants se considèrent comme l’avant-garde du peuple. Cette structure rigide sera dépassée dans différents espaces,l’exemple le plus clair étant les barricades. Déjà,quand cela s’appelait encore l’Assemblée populaire d’Oaxaca, beaucoup soulignaient que ce mouvement n’était pas né en 2006, qu’il y avait eu San Blas Atempa, Xanica, Loxicha [4], de nombreuses luttes locales. Que c’était une nouvelle étape et qu’il ne s’agissait pas d’un seul peuple mais aussi des peuples indigènes et que de fait la majorité de ces peuples se gouvernent déjà par l’assemblée. La structure de cartel, de coordination provisoire n’a pas convaincu. Car la tradition de lutte des peuples d’Oaxaca s’appuie sur les assemblées.

Lire la suite dans le CQFD n°58, juillet 2008, actuellement en kiosque.

 

Peuple et justice
En 2007, aux assises d’Avignon, Mahmoud Philippe El Shennawy, détenu depuis trente-trois ans dont vingt à l’isolement, était condamné à deux ans de mieux pour son évasion de l’unité de malades difficiles de Montfavet. La relative clémence du verdict était due à l’absence de partie civile et au soutien de Gaby Muesca, alors président de l’Observatoire international des prisons (CQFD n°45). Le parquet a fait appel. En juin 2008, l’homme passait devant la cour d’assises de Nîmes. Dix-sept ans, a demandé le procureur, assurant le jury qu’il serait rapidement élargi compte tenu des confusions de peines. Seize ans, a donc asséné le jury, convaincu par ce calcul magistral. Du pipeau ! El Shennawy est libérable vers la fin des années 2030. Il aura plus de quatre-vingts balais. C’est un métier Sarkozy serre le kiki à l’armée et toute la chefferie galonnée s’insurge. Il a pourtant raison le boss : ils ne sont pas superbons, nos pioupious. Un patron de bistrot marseillais faisait remarquer à propos du drame de Carcassonne du 29 juin : « Le sergent, il tire moulon de balles sur des gamins et il est même pas capable d’en tuer un ! Alors t’imagines sur de vrais ennemis ! »
Incontinence radioactive
« Un incident  (...)
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« La relation entre la France et l’Afrique doit être plus transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. »
[/NICOLAS SARKOZY, DISCOURS À COTONOU, 19 MAI 2006/]

« Nous ne soutiendrons ni les dictatures,ni les pays dirigés par des régimes corrompus. »
[/PROGRAMME DE L’UMP, PRÉSIDENTIELLE 2007/]

« Je veux être le président de la France des droits de l’homme. […] Je ne crois pas à la Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats. […] Je ne veux être le complice d’aucune dictature à travers le monde. »
[/NICOLAS SARKOZY, MEETING UMP DE PARIS, 14 JANVIER 2007/]

« Je veux être le président d’une France qui défende partout les droits de l’homme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.D’une France qui s’oppose aux dictatures et combat le totalitarisme […]